Trois unités classiques, tragédie, comédie, catharsis, théâtre de l'absurde, distanciation (Brecht).
Trois unités
Catharsis
Tragédie
Théâtre absurde
Brecht
Notions clés du théâtre
Les trois unités classiques (XVIIe)
Règles du classicisme français imposées au théâtre : unité de temps (l'action doit se dérouler en 24 heures), unité de lieu (un seul endroit), unité d'action (une seule intrigue principale, sans sous-intrigue parasite). Ces règles visent la vraisemblance et la concentration dramatique.
La didascalie
Indication scénique écrite par l'auteur dans le texte de la pièce : indications sur le décor, les costumes, le jeu des acteurs, les déplacements, les silences, l'éclairage. Les didascalies font partie intégrante du texte théâtral et sont à analyser comme tel.
Les types de comique
Comique de gestes (chutes, mimiques). Comique de mots (jeux de mots, malentendus). Comique de situation (quiproquos, coïncidences). Comique de caractère (personnage dont le défaut est poussé à l'extrême : Harpagon l'avare chez Molière). Ces catégories se combinent dans la comédie classique.
La catharsis (Aristote)
La tragédie provoque chez le spectateur pitié (envers le héros qui souffre) et terreur (face à un destin qui pourrait être le sien), puis purge ces émotions (catharsis). L'art tragique est bénéfique car il permet de vivre des émotions intenses dans un cadre sûr. Aristote défend ainsi l'art contre la méfiance de Platon.
Genres et courants
La tragédie classique (Racine, Corneille)
Personnages nobles (rois, héros, dieux) confrontés à un destin inéluctable et à des conflits insolubles (amour vs devoir, passion vs raison). Fin toujours malheureuse. Racine : Phèdre, Andromaque. Corneille : Le Cid (tragi-comédie), Horace. Style : alexandrins, langue soutenue, bienséance (violence hors scène).
La comédie classique (Molière)
Vise à « corriger les mœurs par le rire » (castigat ridendo mores). Molière tourne en ridicule les vices de son époque : l'avarice (L'Avare), l'hypocrisie religieuse (Tartuffe), la médecine (Le Malade imaginaire), le snobisme (Les Précieuses ridicules). Style : prose ou alexandrins, dénouement heureux.
Le théâtre de l'absurde (XXe siècle)
Ionesco (La Cantatrice chauve, Rhinocéros) et Beckett (En attendant Godot) : mise en scène de l'absurdité de la condition humaine via des dialogues incohérents, des situations sans issue et des personnages sans profondeur psychologique. Le langage se vide de sens, les actions sont répétitives. Réponse littéraire à la crise de sens de l'après-guerre.
La distanciation de Brecht
Brecht (théâtre épique, XXe siècle) brise l'illusion théâtrale pour que le spectateur ne s'identifie pas aux personnages mais réfléchisse. Techniques : acteurs qui s'adressent directement au public, décors volontairement artificiels, panneaux explicatifs, chansons. L'objectif est politique : rendre le spectateur actif et critique.
Pour l'analyse et le bac
Analyser un extrait de théâtre
1) Identifier le genre (tragédie, comédie, drame, absurde). 2) Analyser les types de répliques (tirade, dialogue, monologue, aparté). 3) Étudier les jeux de pouvoir entre personnages (qui domine ? qui subit ?). 4) Lire les didascalies. 5) Identifier le registre et les effets produits sur le spectateur.
Le Menteur de Corneille — parcours associé
Parcours « Le menteur de Corneille : mensonge et comédie ». Dorante, personnage mythomane, ment compulsivement pour séduire et s'imposer socialement. Le mensonge devient un art de vivre. La comédie montre comment le langage peut à la fois tromper et plaire — questionnement sur la vérité et la fiction au théâtre.
Monologue / dialogue / aparté
Monologue : un personnage seul parle — révèle ses pensées intimes, ses doutes, ses projets. Dialogue : échange entre personnages — moteur de l'action. Aparté : réplique dite à voix basse pour le seul public, inaudible par les autres personnages — crée une complicité et un effet comique ou ironique.