Clausewitz : la guerre, continuation de la politique
Carl von Clausewitz (De la guerre, 1832) formule la définition classique : «La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens.» La guerre n'est pas une fin en soi mais un instrument politique : elle vise à imposer sa volonté à l'ennemi. La «trinité» clausewitzienne : le peuple (passion), l'armée (hasard et probabilités), le gouvernement (raison politique). Les guerres révolutionnaires (1792-1815) ont fondé ce modèle de guerre totale entre nations mobilisées.
L'évolution des conflits depuis 1945
Depuis la Seconde Guerre mondiale, les guerres interétatiques classiques se sont raréfiées (dissuasion nucléaire, droit international). On observe une multiplication des conflits intraétatiques (guerres civiles, sécessions), des guerres asymétriques (grande puissance vs acteur non étatique — USA en Afghanistan, Vietnam), des conflits hybrides (combinant guerre classique, irrégulière, cyberattaques et désinformation — guerre en Ukraine).
Les nouvelles formes de conflictualité
Guerres asymétriques et irrégulières
Une guerre asymétrique oppose des belligérants de puissance très inégale. Le plus faible compense sa faiblesse militaire par des tactiques non conventionnelles : guérilla (embuscades, harcèlement), terrorisme, utilisation de la population civile comme bouclier, propagande. L'Afghanistan (soviétique 1979-89, puis américain 2001-2021) illustre comment une superpuissance peut être mise en échec par une insurrection irrégulière.
Guerres hybrides et terrorisme
La guerre hybride combine des moyens militaires classiques avec des opérations irrégulières, des cyberattaques, la désinformation et des proxy (alliés non officiels). La Russie en Ukraine (Donbass 2014, puis invasion 2022) est l'exemple paradigmatique. Le terrorisme islamiste (Al-Qaïda, Daech) est une forme d'action politique par la violence — il vise à terroriser les populations et les gouvernements pour imposer un agenda politique.