Contrat social (Hobbes, Locke, Rousseau), État et liberté (Marx, Hegel), démocratie (Tocqueville).
Contrat social
Hobbes
Rousseau
Marx
Souveraineté
Qu'est-ce que l'État ?
Définition
L'État est l'ensemble des institutions qui exercent le pouvoir politique sur un territoire et une population donnés. Il détient le monopole de la violence légitime (Weber) : lui seul peut légalement contraindre par la force. La question centrale : l'État est-il nécessaire à la vie humaine, et si oui, comment le légitimer ?
État de nature / état civil
L'état de nature est une fiction philosophique : comment les hommes vivraient-ils sans État ? Les réponses divergent radicalement selon les philosophes et fondent des visions opposées de la légitimité de l'État.
Les grandes thèses à connaître
Hobbes : le Léviathan
Sans État, c'est la « guerre de tous contre tous » (bellum omnium contra omnes) : l'état de nature est un état de violence permanente où la vie est « solitaire, misérable, dangereuse, animale et brève ». Les hommes concluent un contrat social en cédant tous leurs droits naturels à un souverain absolu (le Léviathan) en échange de la paix et de la sécurité.
Locke : l'État libéral et limité
L'état de nature est paisible mais précaire (droits naturels à la vie, à la liberté et à la propriété). Le contrat social institue un État limité dont la seule fonction est de protéger ces droits naturels. Si l'État les viole, les citoyens ont le droit de résistance à l'oppression. Locke est à la base du libéralisme politique.
Rousseau : la volonté générale
L'état de nature est un état de bonheur et de liberté. La société civile crée les inégalités. Le contrat social légitime est celui où chacun se soumet à la volonté générale (expression de l'intérêt commun, pas de la somme des intérêts particuliers) — en obéissant à la loi commune, on n'obéit qu'à soi-même. La souveraineté appartient au peuple.
Marx : l'État comme instrument de domination
L'État n'est pas neutre : il est l'instrument de domination de la classe dominante (la bourgeoisie sous le capitalisme). Il protège les intérêts des possédants contre les prolétaires. La révolution prolétarienne doit d'abord s'emparer de l'État, puis le dépasser vers une société sans classes où l'État « dépérirait ».
Hegel : l'État comme réalisation de la liberté
L'État n'est pas un mal nécessaire mais la réalisation concrète de la liberté. Il représente la synthèse entre la famille (sphère privée affective) et la société civile (sphère des intérêts particuliers). En obéissant aux lois de l'État rationnel, l'individu réalise sa liberté véritable.
Distinctions clés
Légitimité / légalité
Un État peut être légal (ses lois respectent ses propres procédures) sans être légitime (sans consentement populaire ou justice). La légitimité vient du consentement (Locke, Rousseau) ou de la rationalité des lois (Hegel). Un État totalitaire peut être légal mais n'est pas légitime.
Séparation des pouvoirs
Pour éviter la tyrannie, Montesquieu et Locke proposent de séparer les pouvoirs législatif (faire la loi), exécutif (appliquer la loi) et judiciaire (juger). C'est le fondement des démocraties libérales modernes.
Points clés pour la dissertation
Question type : « L'État est-il nécessaire ? » — Hobbes (indispensable pour éviter la guerre de tous) vs anarchisme (l'État est toujours oppressif) — montrer que la question est celle de sa forme légitime, pas de sa nécessité absolue.
Question type : « L'État garantit-il la liberté ou la menace-t-il ? » — Hegel (l'État réalise la liberté), Rousseau (volonté générale = autonomie), Marx (l'État est oppressif), libéralisme (l'État doit être minimal).
Distinguer : souveraineté populaire (Rousseau — le peuple est souverain), souveraineté nationale (la nation souveraine, représentée par des élus), et souveraineté du monarque (Hobbes).