Impératif catégorique (Kant), éthique de la vertu (Aristote), utilitarisme (Mill), liberté radicale (Sartre).
Impératif catégorique
Kant
Utilitarisme
Vertu
Sartre
Qu'est-ce que le devoir ?
Définition
Le devoir désigne une obligation morale — ce que je dois faire, indépendamment de mes désirs. Il s'oppose à l'inclination (ce que j'ai envie de faire) et au droit (ce que je suis autorisé à faire). La question centrale : d'où vient l'obligation morale ? De la raison, de Dieu, de la société, ou de mes propres choix ?
Devoir moral / obligation légale
L'obligation légale vient de la loi positive (le Code pénal). Le devoir moral peut coïncider avec elle mais la dépasse : une loi peut être légale sans être moralement obligatoire (lois injustes), et un devoir moral peut exister sans être légalement imposé (aider un inconnu en danger).
Les grandes thèses à connaître
Kant : l'impératif catégorique
Le devoir moral est inconditionnel (catégorique) : « Agis uniquement d'après la maxime qui te permette de vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. » La valeur morale d'un acte ne dépend pas de ses conséquences ni du bonheur qu'il procure, mais de l'intention : agir par respect de la loi morale, non par inclination. Seul l'acte accompli par devoir a une valeur morale.
Aristote : l'éthique de la vertu
La morale ne se réduit pas à des règles ou des devoirs : elle est la recherche de l'excellence (aretê) et du bien. On devient vertueux par l'habitude et la pratique : la vertu s'acquiert comme un art. Il ne suffit pas de connaître le bien, il faut s'y exercer. Le devoir n'est pas une contrainte extérieure mais une disposition intérieure cultivée.
Mill : l'utilitarisme
Le bien moral est ce qui maximise le bonheur du plus grand nombre (principe d'utilité). Le devoir consiste à calculer les conséquences de ses actes et à choisir celles qui produisent le plus de bien-être collectif. Contrairement à Kant, ce sont les conséquences, non les intentions, qui déterminent la valeur morale de l'acte.
Sartre : pas de devoir donné d'avance
L'homme est condamné à être libre : il n'y a pas de valeurs ni de devoirs donnés d'avance par Dieu ou la nature. Chaque individu crée ses propres valeurs par ses choix. L'angoisse morale vient du fait qu'on ne peut se défausser sur personne : « Je suis responsable de tout. » La mauvaise foi, c'est prétendre que le devoir nous est imposé de l'extérieur.
Distinctions clés
Agir par devoir vs agir conformément au devoir
Kant distingue l'acte conforme au devoir (qui ressemble extérieurement à l'acte moral mais est motivé par l'intérêt ou la peur) et l'acte accompli PAR devoir (motivé uniquement par le respect de la loi morale). Exemple : un commerçant honnête par intérêt commercial agit conformément au devoir, non par devoir.
Déontologie vs conséquentialisme
La morale déontologique (Kant) juge les actes selon leur conformité à des règles universelles, indépendamment des conséquences. La morale conséquentialiste (Mill, utilitarisme) juge les actes selon leurs effets sur le bien-être. Ces deux approches s'affrontent sur de nombreux dilemmes éthiques (mentir pour sauver une vie ?).
Points clés pour la dissertation
Question type : « Peut-on agir moralement par intérêt ? » — Kant dit non (seul le pur respect du devoir a valeur morale) ; Mill peut dire oui si l'intérêt coïncide avec le bien collectif.
Question type : « Le devoir s'oppose-t-il au bonheur ? » — Kant : oui, le devoir peut exiger de sacrifier son bonheur. Mill tente de les réconcilier : le devoir envers autrui est aussi source de bonheur. Aristote : non, la vertu est la voie du bonheur.
Formule-clé de Kant : « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »