La science est un savoir organisé, méthodique et vérifiable visant à expliquer et prédire les phénomènes naturels et sociaux. Elle se distingue de l'opinion (non justifiée), de la croyance (fondée sur la foi) et du mythe (fondé sur la tradition). La question centrale : qu'est-ce qui fait la scientificité d'un discours ?
Épistémologie
Branche de la philosophie qui étudie les sciences — leurs méthodes, leurs fondements, leur évolution et leurs limites. Elle questionne : qu'est-ce qu'une explication scientifique ? Comment la science progresse-t-elle ? Peut-on atteindre la vérité par la science ?
Les grandes thèses à connaître
Popper : le critère de réfutabilité
Une théorie est scientifique si et seulement si elle est falsifiable : on peut concevoir une expérience qui pourrait la réfuter. La science progresse par falsification (réfutation) des théories, non par leur confirmation. Exemple : « tous les cygnes sont blancs » est scientifique (un cygne noir le réfuterait), mais « Dieu existe » ne l'est pas (rien ne peut le réfuter). L'astrologie et le marxisme dogmatique ne sont pas des sciences selon Popper.
Kuhn : les révolutions scientifiques et les paradigmes
Un paradigme est l'ensemble des théories, méthodes et valeurs partagées par une communauté scientifique à une époque. La science normale progresse en résolvant des « puzzles » dans le cadre du paradigme. Mais quand les anomalies s'accumulent, une révolution scientifique renverse le paradigme (héliocentrisme → géocentrisme, Newton → Einstein). La science n'est pas cumulative mais discontinue.
Bachelard : la rupture épistémologique
La connaissance scientifique ne progresse pas naturellement à partir de l'expérience quotidienne — elle doit rompre avec elle. Les « obstacles épistémologiques » (généralisation hâtive, expérience première, substantialisme) bloquent la pensée scientifique. La science se construit contre l'évidence, contre l'opinion. « On ne peut rien fonder sur l'opinion, il faut d'abord la détruire. »
Comte : la loi des trois états
Auguste Comte propose une loi d'évolution de la pensée humaine : état théologique (explication par des dieux et des esprits), état métaphysique (explication par des entités abstraites), état positif (explication scientifique par des lois observables). La sociologie et la philosophie positive doivent étendre la méthode scientifique à toutes les sphères du savoir.
Distinctions clés
Vérité scientifique / vérité définitive
La science ne produit pas de vérités absolues et définitives (Popper, Kuhn). Toute théorie scientifique reste provisoire — réfutable par une expérience future ou remplacée par un meilleur paradigme. Ce caractère provisoire n'est pas une faiblesse mais la force de la science : elle peut se corriger elle-même.
Science / technique
La science vise la connaissance (comprendre comment fonctionne le monde). La technique vise l'action (transformer le monde). Les deux sont liées mais distinctes : la science peut exister sans application technique, et une technique peut fonctionner sans théorie scientifique complète. Aujourd'hui, elles sont intimement mêlées (technosciences).
Points clés pour la dissertation
Question type : « La science peut-elle tout expliquer ? » — ses limites : les valeurs (bien/mal), la conscience subjective, les événements singuliers, le sens de la vie. La science décrit et prédit mais ne prescrit pas.
Question type : « Y a-t-il des vérités scientifiques définitives ? » — non selon Popper (toujours réfutable) et Kuhn (paradigme changeant) — mais certaines vérités sont si bien établies qu'elles sont pratiquement certaines.
Formule-clé de Popper à retenir : « la réfutabilité est le critère de démarcation » entre science et non-science — à distinguer de la « fausseté » (une théorie réfutable n'est pas fausse, elle pourrait ne jamais être réfutée).