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Philosophie · Terminale · tronc commun

Repères philosophiques

Distinctions conceptuelles fondamentales à maîtriser pour l'épreuve : absolu/relatif, légal/légitime, etc.

Distinctions ontologiques et logiques

Absolu / relatif
Absolu : ce qui existe indépendamment de tout, par soi-même, sans relation à autre chose (Dieu, l'Être chez Parménide, la loi morale chez Kant). Relatif : ce qui dépend d'une relation à autre chose, d'un contexte ou d'un point de vue (les valeurs culturelles, les perceptions sensibles). Une vérité absolue est vraie partout et toujours ; une vérité relative l'est seulement dans certaines conditions.
En acte / en puissance (Aristote)
En puissance (dunamis) : ce qui peut devenir mais n'est pas encore réalisé — la graine est un arbre en puissance. En acte (energeia) : ce qui est effectivement réalisé — l'arbre adulte est la graine passée à l'acte. Tout changement est passage de la puissance à l'acte. Ce couple permet d'éviter le paradoxe éléatique : le mouvement est possible parce que l'être a des puissances non encore actualisées.
Contingent / nécessaire / possible
Nécessaire : ce qui ne peut pas ne pas être (2+2=4, les lois logiques). Contingent : ce qui est, mais aurait pu ne pas être (il pleut aujourd'hui). Possible : ce qui pourrait être sans contradiction (un cheval ailé est possible logiquement, même s'il n'existe pas). Impossible : ce qui implique contradiction (un cercle carré).

Distinctions politiques et morales

Légal / légitime
Légal : conforme à la loi positive en vigueur dans un État. Légitime : conforme à une justice supérieure (morale, droits naturels, équité). Les deux peuvent diverger : une loi peut être légale sans être légitime (lois racistes, esclavagisme légalisé). La désobéissance civile (Thoreau) invoque la légitimité contre la légalité.
Moral / immoral / amoral
Moral : conforme aux normes morales acceptées, ou accompli par respect du devoir. Immoral : contraire aux normes morales, délibérément mauvais. Amoral : en dehors de la sphère morale — ni moral ni immoral (un tremblement de terre est amoral). À distinguer : l'immoralisme de Nietzsche ne prône pas l'immoralité mais la création de nouvelles valeurs au-delà du bien et du mal convenu.
Justice / équité
La justice formelle traite tout le monde de la même façon (égalité arithmétique). L'équité tient compte des différences de situation pour traiter chacun selon ce qui lui est dû (égalité géométrique, proportionnelle). L'égalité stricte peut être injuste si elle ignore des inégalités de départ réelles.

Distinctions épistémologiques

Objectif / subjectif
Objectif : indépendant du sujet qui perçoit ou juge, universel et vérifiable par tous (la masse d'un objet, une proposition mathématique). Subjectif : dépend du sujet, de ses perceptions, émotions et point de vue particulier (la beauté d'un paysage, la douleur ressentie). Attention : subjectif ne veut pas dire faux — nos expériences subjectives sont réelles.
Croire / savoir
Croire : tenir quelque chose pour vrai sans en avoir la preuve rationnelle suffisante (croyance religieuse, opinion). Savoir : tenir quelque chose pour vrai avec une justification solide (preuve logique, démonstration, vérification empirique). Kant : le savoir exige les trois conditions — tenir pour vrai, avec des raisons objectives suffisantes, et des raisons subjectives suffisantes.
Universel / général / particulier / singulier
Universel : vrai pour tous les cas sans exception possible (la loi de gravité, la loi morale kantienne). Général : vrai pour la plupart des cas, avec des exceptions (les hommes sont mortels — très général). Particulier : vrai pour une partie d'un ensemble (certains hommes sont philosophes). Singulier : vrai pour un individu unique (Socrate est philosophe).

Distinctions fondamentales sur l'action

Théorie / pratique
Théorie (theoria) : connaissance désintéressée qui vise la vérité pour elle-même — philosophie, mathématiques, sciences pures. Pratique : action orientée vers un but, une transformation du monde — morale, politique, technique. Kant : la raison théorique connaît ; la raison pratique guide l'action morale. Aristote : la praxis (action morale et politique) est distincte de la poiesis (production technique).
Moyen / fin
La fin est le but visé par une action. Le moyen est ce qui sert à atteindre la fin. Kant : l'homme est toujours une fin en soi, jamais seulement un moyen (impératif pratique). Les moyens sont-ils justifiés par les fins ? Non pour Kant (la fin ne justifie pas les moyens contraires à la morale). Oui pour certains utilitaristes dans des circonstances extrêmes.
Essentiel / accidentel
L'essentiel (ou substance) : ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, ce sans quoi elle ne serait plus la même chose (l'essence du triangle est d'avoir trois côtés). L'accidentel : ce qui peut changer sans que la chose cesse d'être ce qu'elle est (la couleur d'un triangle, sa taille). Aristote : la philosophie cherche les essences, non les accidents.
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